Fonds en euros, le socle essentiel du contrat d’assurance vie 

Spécificité française, ce support permet d’affecter une partie de son épargne à un placement prudent.

En 2024, l’engouement des épargnants pour l’assurance vie s’est confirmé, puisque la collecte nette s’est élevée à 29,4 milliards d’euros, portant les encours à 1 989 milliards d’euros (+ 4,2 % sur un an)(1).

De nombreux atouts

Les fonds en euros représentent plus de 70 % de ces encours. Proposé pour répondre aux épargnants en quête d’un placement sécurisé, le fonds en euros séduit par ses nombreux atouts. « Le principal est la garantie par l’assureur du capital brut ou net de frais de gestion à tout moment », indique Alexandre De Sousa, Responsable Veille et Marketing stratégique chez Crédit Agricole Assurances. Autre avantage : la liquidité. L’assuré peut réaliser des rachats partiels ou totaux(2) quand bon lui semble. De plus, le fonds en euros bénéficie d’un effet cliquet : « Les intérêts annuels générés augmentent le capital placé année après année et ils produisent eux-mêmes des intérêts, soumis aux prélèvements sociaux au taux actuel de 17,2 % », explique Alexandre De Sousa.

Gestion prudente

Ces caractéristiques conduisent l’assureur à avoir une gestion prudente. Le fonds en euros est donc investi entre 70 et 80 % en obligations d’État ou d’entreprises de qualité. Le solde est diversifié et placé en actions, immobilier ou private equity (non coté), pour dynamiser sa performance sur le moyen-long terme. De par sa composition, ce support finance donc les États et l’économie réelle. 

Dans le cadre de sa gestion active et discrétionnaire, l’assureur cherche à générer chaque année un rendement. En 2024, le taux de participation aux bénéfices (PAB) moyen du marché est estimé à 2,5 % net de frais de gestion et avant fiscalité. « L’assureur doit le partager avec ses assurés, c’est la PAB, rappelle l’expert. Mais rien ne l’oblige à en distribuer l’intégralité tous les ans. Il peut décider d’en mettre une partie en réserve, c’est la provision pour participation aux excédents (PPE) ». La PPE appartient aux assurés et doit leur être versée dans un délai de huit ans maximum. Mais attention, il s’agit d’un bien collectif : en cas de rachat, impossible pour les assurés de réclamer leur quote-part.

Coussin d’amortissement

Cette PPE permet à l’assureur de lisser dans le temps le taux de rendement moyen servi. Au cours de la période durant laquelle les taux d’intérêt étaient proches de zéro, voire négatifs, la PPE a permis de limiter la baisse des rendements servis aux assurés. « De même, la problématique d’un fonds en euros étant son inertie, elle a permis d’accompagner la hausse récente des taux », souligne Alexandre De Sousa. La PPE rassure les épargnants sur les perspectives futures du rendement, de même que le montant des plus-values latentes accumulées sur la poche diversifiée qui reviennent en partie aux assurés. La PPE est aussi un élément qui matérialise la solidité des assureurs, au même titre que le niveau des fonds propres, de la collecte ou de la taille.

Mais comment choisir un fonds en euros ? Pour Alexandre De Sousa, « il y a deux choses à prendre en compte : la récurrence du taux de rendement net servi et les conditions d’accès au fonds en euros : est-il ouvert à tous ? Est-il bonifié ? ». Sur ce dernier point, deux types de bonification sont possibles : sur versement et/ou sur encours, généralement en fonction d’un pourcentage investi sur les unités de compte. 

Capital garanti, liquidité, le fonds en euros a toute sa place dans une allocation patrimoniale pour ceux qui souhaitent allouer une partie plus ou moins importante de leur épargne dans un support à faible risque.

(1) France Assureurs – Communiqué de presse du 31 janvier 2025. 
(2) Les produits imposables étant alors soumis à la fiscalité en vigueur.

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