Les ressources naturelles sont portées par les transformations structurelles
Indispensables au fonctionnement de l’économie, les ressources naturelles constituent un thème d’investissement. Arnaud du Plessis, Gérant senior chez CPR AM, nous explique pourquoi.

Qu’entendez-vous par ressources naturelles ?
Arnaud du Plessis – Par ressources naturelles, j’entends celles extraites du sol, plus communément appelées les matières premières. Elles se répartissent en trois groupes : celles qui servent à produire de l’énergie, comme le pétrole, le charbon, le gaz et l’uranium ; celles qui concernent les métaux, comme l’or, l’argent, le cuivre, le nickel ; celles dites végétales, essentiellement des céréales, comme le blé, le riz, l’orge…
En quoi sont-elles stratégiques ?
A. d. P. – Les récents événements géopolitiques – la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient – rappellent la dépendance de nombreux pays aux matières premières, notamment les pays européens, puisque le Vieux Continent en est globalement peu pourvu. La concentration et le raffinage de nombreux métaux critiques (argent, cobalt, cuivre, lithium, nickel, terres rares…)(1) dans quelques pays, notamment la Chine, accentue ce risque de dépendance. Sécuriser leur accès devient un enjeu stratégique pour assurer le fonctionnement de l’économie mondiale, de la compétitivité industrielle, de la sécurité et donc de la souveraineté. Leur rôle est central au quotidien et dans la capacité de nos États et industries à innover et répondre à la transformation de nos sociétés vers un modèle bas-carbone et digitalisé.

C’est ce qui en fait un thème investissable aujourd’hui ?
A. d. P. – Aujourd’hui, la demande liée à la décarbonation, à la transition énergétique, à l’électrification et à la digitalisation, a pour effet d’accroître de manière exponentielle les besoins en métaux critiques. Le cuivre est indispensable à la construction des réseaux et des véhicules électriques, et aux infrastructures numériques. Le lithium, le cobalt et le nickel sont au cœur de la révolution des batteries. À titre d’exemple, le cuivre pourrait voir sa consommation égaler d’ici à 2050 celle des 125 dernières années. Or ces ressources ne sont pas inépuisables. L’exploitation de nouveaux gisements prend du temps, nécessite d’importants investissements et l’obtention de licences. Cela peut induire des tensions durables sur certains marchés des métaux critiques et donc générer des opportunités sélectives d’investissement. Sur le long terme, la demande forte portée par des transformations structurelles devrait soutenir les cours de ces métaux critiques.
Comment investir dans cette thématique ?
A. d. P. – Vous pouvez investir directement sur les marchés des matières premières ou sur les sociétés qui y sont exposées, comme les exploitants de cuivre, les producteurs de terres rares, de potasse, ou encore les fournisseurs d’uranium. Cela demande toutefois de l’expertise et un suivi régulier de votre portefeuille, car ces marchés sont volatils, sensibles à la conjoncture et aux tensions géopolitiques. Autre solution : acheter des parts d’ETF qui répliquent cette thématique. Ou souscrire des parts de fonds spécialisés. Vous confiez votre épargne à un gérant qui sélectionnera les sociétés dans une logique de diversification des sources de performance, ce qui mutualisera les risques. Quelle que soit l’option retenue, cette thématique comporte des risques, notamment de perte en capital. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller privé qui vous accompagnera dans vos choix d’investissement.
(1) Les matières premières indispensables à l’économie ou à la transition énergétique, mais dont l’approvisionnement est jugé à risque en raison de la concentration géographique, de la dépendance à quelques producteurs ou de tensions géopolitiques.